Le relèvement du plafond de la dette américaine

Les républicains et  les démocrates sont parvenus à un accord pour relever le plafond de la dette publique. Le plafond d'endettement maximal de l'État américain est fixé par la loi. Régulièrement adapté à la hausse en fonction des besoins, avant l’accord, il se situait à 14 300 milliards de dollars.

S'il n’avait pas été relevé, l’Etat fédéral américain n’aurait pas pu emprunter d'argent ni rembourser ses dettes aux investisseurs pour financer son déficit. Afin de pouvoir malgré tout rembourser les investisseurs à temps, le Trésor aurait alors dû  fermer les bureaux de l'administration fédérale (Un «shutdown»). Les services ministériels non essentiels auraient fermé, comme les parcs naturels nationaux, les musées publics, ou encore les 609 centres de retraitements de déchets toxiques. Seuls les services publics vitaux auraient été maintenus en état de marche. 17 «shutdowns» ont eu lieu depuis 1977. La dernière crise de ce genre eut lieu en 1995, sous la présidence du démocrate Bill Clinton.

Concrètement, l'accord prévoit un relèvement du plafond de la dette d'au moins 2 100 milliards de dollars, pour permettre au Trésor de faire des emprunts après le 2 août. Cette mesure sera accompagnée d'une première réduction des dépenses de 1 000 milliards de dollars. Une commission spéciale composée à parts égales de républicains et de démocrates sera ensuite chargée de trouver, des baisses de dépenses supplémentaires à hauteur de 1 500 milliards de dollars. Dans le cas où aucun accord n'interviendrait sur des réductions budgétaires supplémentaires, un mécanisme contraignant se mettrait en place, imposant automatiquement un certain nombre de coupes, y compris pour la défense et le programme de santé Medicare pour les personnes âgées.

L'accord final donne au président démocrate ce qu'il souhaitait sur un point-clé : le plafond de la dette n'aura plus besoin d'être relevé avant 2013, donc après les élections. Mais le président a dû faire une concession importante aux républicains : il ne pourra pas augmenter les impôts même des plus riches comme il l’aurait souhaité.