Séance 1 Economie approfondie

Suite du chapitre 5

2°) Financement intermédié et financement direct

En situation de besoin de financement (autofinancement insuffisant), les entreprises font appel à un financement externe, autrement dit, elles font appel à d’autres agents économiques.

  • Elles peuvent avoir recours à des crédits bancaires = financement intermédié ou indirect
  • Elles peuvent aussi se procurer des moyens financiers sur les marchés de capitaux. On parle de finance directe à propos des marchés de capitaux car sur ces marchés les capacités de financement de certains agents économiques répondent directement aux besoins de financement d’autres agents économiques. Dans le cas de la finance directe, celui qui a un besoin de financement n’a pas recours au crédit bancaire mais il émet des titres sur les marchés de capitaux, soit le marché financier, soit le marché monétaire. 

 

Le marché financier est le marché sur lequel les entreprises vont se procurer des capitaux qui sont disponibles à long terme et qui sont proposés par les agents économiques qui veulent placer des sommes d’argent à long terme.

Sur ce marché financier les entreprises peuvent émettre deux types de titres : des actions et des obligations. Ce qui correspond à deux sources de financement :

         - L’augmentation de capital : l’entreprise va émettre de nouvelles actions. Les acheteurs possèdent alors des titres de propriété, c’est à dire qu’ils possèdent une partie du capital de l’entreprise. En tant qu’actionnaire, ils vont avoir droit à une partie des bénéfices de l’entreprise : les dividendes. Si l’entreprise ne réalise pas de bénéfices, par définition elle ne verse pas de dividendes.      

Dans le cas de l’augmentation de capital, l’entreprise n’a rien à rembourser car il ne s’agit pas d’un emprunt, l’entreprise ne s’est pas endettée. Si les actionnaires veulent récupérer leur argent placé, ils devront revendre leurs actions à d’autres.

         - L’emprunt obligataire : l’entreprise émet des obligations. Les acheteurs possèdent alors des titres de créance, ils sont donc créanciers de l’entreprise, elle leur doit de l’argent. Chaque année l’obligataire va percevoir des intérêts payés par l’entreprise et lorsque l’obligation arrive à terme, l’entreprise rembourse la somme initialement prêtée.

Le marché financier permet d’accéder à des capitaux disponibles à long terme, en cela il se distingue du marché monétaire.  Pour chacun de ces marchés, il faut distinguer le marché primaire où sont émis les nouveaux titres et le marché secondaire où les titres sont revendus.  

3°) Le système financier international et le marché des changes

Le système financier international (SFI) est le système constitué des institutions financières et des marchés internationaux de capitaux permettant une rencontre au niveau mondial entre le besoin de financement de certains agents économiques ou certains pays et la capacité de financement des autres.

On s’intéresse donc ici aux mouvements de capitaux entre les pays, aux mouvements internationaux de l’épargne et pour cela il faut tenir compte d’un autre marché, le marché des changes.

Le marché des changes est le marché sur lequel se retrouvent tous les participants désireux de vendre ou d’acheter une devise contre une autre (des euros contre des dollars par exemple). Dans le jargon financier, il est souvent question du Forex pour désigner le marché des changes ; contraction des termes anglais FOReign EXchange.

Comme tout marché il a aussi pour fonction de déterminer les prix d’échanges, c’est-à-dire le taux de change entre chaque couple de devises (combien de dollars j'obtiens avec 1 euro).

Le  marché des changes réunit des participants extrêmement divers. On y trouve :

  • des entreprises (PME et multinationales) qui ont besoin de vendre et d’acheter différentes devises selon leurs activités ;
  • des banques commerciales, des banques d’investissement et des courtiers qui exécutent les ordres de leurs clients et agissent aussi pour leur compte propre ;
  • les autorités monétaires, notamment les banques centrales qui sont des participants majeurs sur le marché des changes. Elles gèrent leurs réserves de change et interviennent le cas échéant, sur le cours des devises dont elles ont la charge.
  • des institutions internationales (comme le FMI, la Banque Mondiale, l’OCDE) ;
  • des fonds d’investissement dont certains sont même spécialisés sur les devises.

 

Le marché des changes est un marché où la quasi totalité des opérations est réalisée de gré à gré, autrement dit les courtiers et les banques négocient directement les uns avec les autres, sans intermédiaire boursier. C’est donc un marché non organisé = Le Forex est un marché non régulé. Les particuliers comme les entreprises doivent faire appel à leur banque pour avoir accès au marché des changes. 

II L’essor du système financier international : la globalisation financière

            1°) Qu’est-ce que la globalisation financière ?

La globalisation financière désigne l’essor des mouvements internationaux de capitaux et de la finance directe à l’échelle internationale. On assiste donc à important développement des marchés financiers et des déplacements internationaux de l’épargne.

La globalisation financière correspond donc à une mutation du SFI à partir des années 80, à un essor d’une finance directe et planétaire.

Elle se manifeste à travers :

- L’importance croissante des mouvements de capitaux : les flux de devises entre les pays sont principalement liés aux investissements de portefeuille.

- Une hausse des transactions sur le marchés financiers : on assiste à un essor de la finance directe, à une titrisation. Avant 1980, l’essentiel des financements internationaux se faisait sous la forme de prêts bancaires.

- L’augmentation des transactions sur les marchés des changes. Les réserves de change détenues par les banques centrales ont un poids de plus en plus faible par rapport au volume quotidien des opérations de change, ce qui limite sérieusement leur capacité à stabiliser les cours.

- Le développement des marchés dérivés.

                        - Les marchés à terme (les premiers apparaissent au XIX è pour des produits agricoles (grains, coton) et des métaux), que l’on va qualifier de marchés dérivés vers la fin des années 80, sont nés de la volonté des acheteurs et des vendeurs sur les marchés internationaux de se protéger contre le risque de fluctuations des prix et donc de réaliser une opération de couverture.

Par exemple, une entreprise sait qu’elle devra acheter une certaine quantité de matières premières dans 3 mois et il existe une incertitude sur son prix à cette date. Pour se couvrir contre le risque d’une hausse du prix, elle va conclure aujourd’hui un contrat qui lui permettra dans 3 mois de prendre livraison des matières premières à prix fixé au départ, quelque soit l’évolution du prix sur le marché international.

Autre exemple : Une entreprise sait qu’elle devra se procurer des devises (pour importer des matières premières). Pour se couvrir contre le risque de variation du taux de change, elle va conclure un contrat à terme : l’opération est conclue aujourd’hui, la quantité et le taux sont fixés mais l’échange est repoussé à une date convenue.

Produits dérivés