Séance 1 Première générale

Suite chapitre 5 L'entreprise et le marché (Reprenez le cours dans votre cahier et lisez les documents !)

Il manque les documents 14, 15 et 16 mais c'est normal ! 

Documents ADocuments A     Documents BDocuments B    Documents CDocuments C

                            2°) La formation des prix en situation de monopole

Dans la situation de monopole, ce n’est pas le marché qui fixe le prix. Puisqu’il n’y a pas de concurrents, l’entreprise seule sur le marché a une marge de liberté pour fixer son prix de vente, le monopole est faiseur de prix (price maker). Mais cette marge de manœuvre n’est pas totale car elle est liée à l’attitude des consommateurs par rapport au prix. L’entreprise doit donc évaluer l’élasticité de la demande par rapport au prix.

En situation de monopole, les prix sont plus élevés et la quantité produite moins importante que sur un marché concurrentiel. Le surplus global sera alors plus faible. Le monopole est économiquement inefficace, il a donc un coût pour la collectivité, un coût social.

B) Stratégies et prix en situation d’oligopole

En situation de concurrence pure et parfaite, aucune entreprise n’est de taille à influencer le marché ou les autres entreprises. Ce n’est plus le cas en situation d’oligopole par conséquent chaque entreprise fixe ses décisions en tenant compte de ce que pourrait faire les autres.

                            1°) Le dilemme du prisonnier

Document 9

Chaque prisonnier semble avoir intérêt à avouer mais si les deux avouent chacun fera plus de prison que s'ils n'avouaient pas.

Cet exemple de la théorie des jeux montre que lorsque les individus sont en concurrence, en compétition, cela peut les conduire à une situation moins satisfaisante que s’ils avaient coopéré. Ils peuvent donc avoir intérêt à s’entendre.

                            2°) Oligopole, entente et stabilité des prix

La théorie des jeux permet de décrire les différentes décisions possibles des entreprises en situation d’oligopole.

En situation d’oligopole, l’évolution des prix est déterminée par l’interdépendance des décisions des quelques entreprises présentes sur la marché. Pour augmenter ses bénéfices, l’entreprise peut baisser son prix de vente pour vendre plus. Mais si les autres entreprises baissent aussi leur prix, elle ne vendra pas plus et chacune d’elle fera moins de bénéfice. Si l’entreprise augmente son prix de vente pour accroître sa marge bénéficiaire par unité et que les autres maintiennent un prix plus bas, elle vendra alors moins.

Les entreprises ont intérêt à s’entendre car finalement, chaque entreprise ne semble pas avoir intérêt à faire varier ses prix ce qui peut expliquer la stabilité relative des prix en situation d’oligopole.

Mais la situation d’oligopole ne signifie pas forcément qu’il y a une entente entre les entreprises car

  • Elles peuvent parfois se lancer dans une guerre des prix
  • La concurrence peut s’exercer d’autres manières que par le prix.

Document 10

C) Le marché est encadré par des règles : le rôle des pouvoirs publics

                             1°) Les entreprises cherchent à acquérir un pouvoir de marché…

Les entreprises souhaitent acquérir un pouvoir de marché, c’est dire être en capacité de réduire la concurrence (d’échapper à la concurrence) pour fixer plus librement leur prix, pour être faiseurs de prix.

Elles acquièrent ce pouvoir de marché : 

  • En rachetant d’autres entreprises pour limiter le nombre d’offreurs : les fusions-acquisitions Il s’agit d’éviter le coût social du monopole. Documents 11 et 13

 

  • En profitant de barrières à l’entrée juridiques ou économiques.

 

  • Grâce à leur stratégie : la stratégie de différenciation des produits permet de fixer des prix plus élevés et de dresser une barrière à l’entrée : les entreprises déjà présentes jouissent d’une réputation ou d’une image de marque trop difficilement attaquables. La différenciation a donc bien aussi pour objectif de limiter les forces concurrentielles car la fidélisation de la clientèle constitue une barrière à l’entrée pour la concurrence potentielle et un moyen de se protéger contre un éventuel produit de substitution.

 

  • Document 12 Par des ententes (pratiques anticoncurrentielles) :  Les entreprises peuvent s’entendre pour limiter les effets de la concurrence et maintenir des prix élevés. En économie, un cartel est une entente conclue de manière explicite ou tacite entre plusieurs entreprises indépendantes d'un même secteur d'activité, dans le but de limiter la concurrence, de contrôler le marché et de maximiser leurs profits. Les accords peuvent porter sur la répartition et le volume de la production, le contrôle de la distribution et la fixation des prix, ce qui génère un sur-profit. La tentation peut être forte pour les entreprises en situation d'oligopole (marché ne comportant qu'un petit nombre de vendeurs) de recourir aux ententes. On parle d'entente illicite lorsque l'accord empêche, restreint, ou fausse le jeu normal de la concurrence. Les cartels qui portent préjudice aux consommateurs en les privant des effets positifs de la concurrence sont illégaux dans la plupart des pays.
  • On parle aussi d’abus de position dominante (autre pratique anticoncurrentielle) lorsqu’une entreprise utilise sa puissance économique, son pouvoir de marché pour imposer à ses concurrents, ses fournisseurs ou ses clients des pratiques qui faussent la concurrence. L'article L. 420-2 du code du commerce recense des pratiques susceptibles de constituer un abus de position dominante. Par exemple, il est interdit de se mettre d’accord avec son fournisseur pour qu’il refuse de vendre à vos concurrents.

 

                            2°) …qui doit être limité par les pouvoirs publics : la politique de la concurrence.

La politique de la concurrence vise à maintenir la concurrence sur les marchés, elle cherche donc à faire respecter le droit de la concurrence et de la consommation qui est l’ensemble des textes visant à garantir les conditions d’exercice de la concurrence dans les différentes activités. Elle s’exerce au niveau national et européen.

Pour cela les pouvoirs publics (l'Autorité de la concurrence ; la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ; la Commission européenne) :

  • Veillent à l’atomicité du marché en limitant la concentration des entreprises donc parfois les pouvoirs publics interdisent une fusion acquisition.
  • Sanctionnent par des amendes les ententes illicites et les abus de position dominante, c’est-à-dire lorsque l’entreprise profite de sa position dominante sur le marché pour imposer à ses clients ou ses partenaires commerciaux des pratiques qui faussent la concurrence (le refus de vente, les ventes liées, des conditions de vente discriminatoires ou bien la rupture des relations commerciales à la raison que le partenaire refuse de se soumettre à des conditions commerciales injustifiées).
  • Obligent les entreprises à diffuser des informations précises aux consommateurs sur l’origine, la composition, la qualité des produits.

Cette politique de la concurrence a pour objectif de protéger le consommateur et de lui permettre d’avoir des prix plus faibles donc d’augmenter le surplus du consommateur.

La politique de la concurrence se heurte à des difficultés et à des critiques :

  • Les ententes et les abus de position dominante sont difficiles à déceler. Elles le sont souvent suite à des dénonciations.
  • Les amendes ne sont pas toujours suffisamment dissuasives.
  • La constitution de grandes entreprises n’est pas forcément défavorable aux consommateurs. Pour Schumpeter seules les grandes entreprises sont capables d’innover.

 

3°) Le marché est une institution

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Le marché n’apparaît et ne subsiste pas par lui-même car il ne suffit pas de laisser une totale liberté aux agents économiques pour que le marché s’organise et fonctionne de lui-même.

Pour que le marché fonctionne effectivement et bénéfice à tous, il faut qu’il existe un certain nombre de règles que les agents économiques doivent respecter sinon les agents économiques ne sont pas sur un pied d’égalité et le marché fonctionnerait selon la loi du plus fort au profit des uns mais au détriment des autres. Pour exister et se développer, le marché a donc besoin de règles juridiques, du droit.

Document 17 Le droit de propriété est l’un des fondements essentiels du marché. Il correspond à l’ensemble des textes législatifs visant à garantir la propriété sur les biens et services. Il est essentiel dans une économie capitaliste qui cherche à développer les marchés, car pour que les individus soient incités à produire et échanger, il faut qu’ils soient sûrs de ne pas être spoliés des richesses qu’ils ont produites ou achetées. L’Etat doit faire respecter et respecter lui-même ce droit de propriété.

Document 18 Le marché repose aussi sur des règles non écrites sur lesquelles reposent la confiance qui est indispensable dans les échanges économiques (voir l’exemple de la monnaie).

L’institutionnalisation du marché désigne à la fois le fait que le marché n’est un phénomène naturel mais qu’il a été institué, instauré et d’autre part que celui-ci a besoin d’institution veillant à son fonctionnement selon les principes de la concurrence. Exercice : le marché a besoin de règles