Séances 6 et 7 Première générale

Chapitre 7 Des limites du marché à l'intervention de l'Etat

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Le cours (Semaines du 4 et 11 mai)

I Les défaillances du marché nécessitent l’intervention de l’Etat

Il y a défaillance du marché, lorsque les libres décisions des agents économiques ne conduisent pas à une situation satisfaisante pour la société.

Exemples

  • Si je me déplace avec ma voiture alors qu’il existe un transport en commun moins polluant, j’augmente la pollution et ses effets négatifs pour tous. Donc attention certaines de nos décisions ont aussi des effets sur la collectivité : il s’agit des externalités
  • Si les pêcheurs pêchent en trop grande quantité, le poisson ne peut pas se renouveler, donc il n’y en aura plus pour les générations suivantes. Donc attention certains biens ont des caractéristiques particulières dont il faut tenir compte : il s’agit des biens collectifs et des biens communs.
  • Si je renonce à acheter un véhicule d’occasion car j’ai peur d’acheter une voiture de mauvaise qualité, j’ai un doute sur les informations données par les vendeurs, il se vendra moins de voiture. Donc attention si l’un des partenaires de l’échange manque d’informations, c’est un frein à l’activité économique : on parle d’asymétries d’information.

 

L’économiste parle de défaillance du marché lorsque l’allocation (utilisation et répartition) des ressources n’est pas optimale : les libres décisions et actions des consommateurs et des producteurs ne permettent pas de répondre le mieux possible aux besoins de la population et d’améliorer son bien-être, les agents économiques produisent et consomment alors une quantité parfois excessive ou parfois insuffisante de biens et services. ; il n'y a pas une utilisation optimale des ressources rares, c'est-à-dire  la meilleure utilisation possible des facteurs de production dont on dispose pour produire (travail, capital fixe, matières premières).

  1. Les externalités

           1°) Qu’est-ce qu’un effet externe ou une externalité ?

Doc 1 Les décisions d’un individu ou d’un agent économique qui tient compte uniquement de ses propres coûts et avantages, peuvent avoir des conséquences sur les coûts et avantages des autres et plus généralement de la collectivité, il s’agit d’effets externes.

Une externalité est donc une répercussion de l’activité d’un agent économique (consommation, production) sur le bien-être d’autres agents sans compensation monétaire.

Doc 2 La pollution est une externalité négative. Une entreprise utilise le procédé de fabrication qui lui permet les coûts de production les plus faibles mais cela peut la conduire à polluer la rivière voisine, la collectivité devra supporter un coût de dépollution.

Il s’agit bien d’une défaillance du marché car les agents économiques ne tiennent pas compte de ces effets externes puisqu’ils n’en supportent pas le coût alors que leur comportement a un coût social et se fait au détriment du bien-être global de la collectivité

Dans ce cas l’intervention de l’Etat est nécessaire pour limiter cette pollution.

Il existe aussi des externalités positives :

  • L’apiculteur et l’arboriculteur profitent mutuellement de l’activité de l’autre.
  • Enseignement : si un individu décide de poursuivre ses études, il va élever son niveau de qualification, il sera plus productif et à son contact les autres pourront aussi travailler plus efficacement.
  • Vaccination : en me vaccinant je me protège d’une maladie mais j’évite aussi de la transmettre aux autres.

                                          

            2°) Le rôle de l’Etat face aux externalités

La présence d’externalités justifie l’intervention de l’Etat : il s’agit de limiter les comportements conduisant à des externalités négatives et d’encourager les comportements conduisant à des externalités positives.

Les pouvoirs publics disposent de plusieurs outils :

  • Des campagnes de communication pour la vaccination, pour le tri des déchets…
  • Doc 3 La réglementation : scolarisation obligatoire de 3 à 16 ans ; vaccination obligatoire ; normes pour l’isolation des bâtiments, pour les rejets polluants des voitures neuves, pour la restriction de l’usage de la voiture dans les grandes agglomérations.
  • Versement de primes ou réduction d’impôt pour l’achat d’un vélo ou d’une voiture électrique, pour l’isolation de son logement.
  • Taxes : taxe sur le tabac et l’alcool ; taxe environnementale

Documents 4 et 5 La taxe est  un bon moyen d’obliger les agents économiques à internaliser les externalités autrement dit à prendre en compte le coût de la pollution supporté par la collectivité car ils vont supporter le coût de la pollution, on retrouve ici le principe du pollueur-payeur.

L’idée de la taxe environnementale est attribuée à Arthur Cécil Pigou (économiste néoclassique britannique 1877-1959) 

On peut par exemple créer une taxe sur les émissions polluantes (taxe carbone) et chaque pollueur compare le coût de réduction de sa pollution au prix de la de la taxe : à chaque fois que la taxe est supérieure au coût de dépollution, l’agent économique est incité à réduire sa pollution.

La taxe peut avoir pour objectif la réduction de la production et de la consommation de biens conduisant à une pollution : en augmentant le prix du gazole on réduit le transport routier et les achats de véhicules diesel.

 

  1. Les services collectifs et les biens communs

1°) Les différents types de biens selon leur accessibilité

Les biens économiques peuvent être classés en fonction de deux caractéristiques

  • La rivalité : un bien est rival lorsque son usage par une personne empêche son usage par d’autres. Il est non rival lorsqu’il peut être consommé simultanément par plusieurs personnes.
  • L’excluabilité : un bien est excluable lorsqu’il est possible d’empêcher une personne de le consommer (s’il ne paye pas) sinon il est dit non excluable.

 

Les différents types de biens selon leur accessibilité - Exercice

Les économistes repèrent différents types de biens, caractérisés en fonction de leur caractère excluable ou non, rival ou non.

 

Rivalité

Non-rivalité

Excluabilité

Bien privé

Bien de club

Non-excluabilité

Bien commun

Bien collectif

 

 

 

Complétez le tableau suivant.

Exemples

Rivalité ?

Excluabilité ?

Type de biens

Un éclair au chocolat

 

 

 

 

 

Eclairage public

 

 

 

 

 

Chaine payante

 

 

 

 

 

Poisson pêché

 

 

 

 

 

Replacez les exemples suivants dans la 1ère colonne : une vidéo à la demande, un grille-pain, l’eau d’un ruisseau, la Défense nationale.

2°) Les services collectifs ne peuvent être produits que par l’Etat

Ils peuvent être consommés par plusieurs personnes en même temps. Le bien collectif se caractérise donc par la non-rivalité ou l’indivisibilité : il peut être consommé sans que cela empêche une autre personne de le consommer simultanément. Lorsque l’éclairage public d’une ville rend service à un individu, cela n’empêche pas les autres d’en bénéficier.

Ils ont une autre caractéristique : la non-exclusion. On ne peut pas écarter personne de la consommation de ce service même celui qui ne veut pas contribuer à son financement, autrement dit, on ne peut pas limiter son accès à ceux qui sont prêts à payer. L’éclairage public bénéficie à tous, on ne peut exclure personne de la consommation de ce service.

Doc 6 Ces services collectifs purs en raison de leurs caractéristiques (la non-rivalité et la non-exclusion) nécessitent l’intervention de l’Etat. L’existence de ces services collectifs purs (Défense nationale...) montre que des services nécessaires à la collectivité ne sont pas pris en charge par le marché (défaillance du marché) car ils ne peuvent pas être produits et commercialisés dans le cadre d’une entreprise privée (pas de prix de marché) et car on ne peut pas attendre des individus qu’ils financent volontairement ces services collectifs en raison du comportement de passager clandestin (chacun se dit qu’il a intérêt à laisser payer les autres puisque de toute façon on ne pourra pas l’exclure de la consommation du service donc personne ne paye).

Il faut donc que les administrations publiques assurent leur production en les finançant par l’impôt.

     3°) La tragédie des biens communs et des biens publics mondiaux

Doc 7 - Exercice : rédiger un texte à partir du schéma

Les biens fournis par l’environnement sont victimes de la « tragédie  des biens communs » (expression popularisée par Garret Hardin (1968) in «  The tragedy of the Commons ») : les ressources communes en accès libre sont surexploitées.

Ces ressources possèdent deux particularités :

  • Il est coûteux et difficile d'attribuer des droits de propriété individuels sur la ressource. Par exemple, il serait très délicat de faire respecter un droit de propriété sur une partie de l'océan.
  • La ressource est un bien rival (mais non-exclusif). Si je pêche un poisson dans l'océan, ce poisson ne sera plus disponible pour les autres pêcheurs et personne ne peut m’empêcher d’accéder à ce bien.

En raison de ces deux particularités, les biens communs sont surexploités et comme il s’agit de biens rivaux non renouvelables ils risquent de disparaître.

Puisque ces biens n’appartiennent à personne (ou à tout le monde, ce qui revient au même), personne ne se préoccupe de leur surexploitation. Documents 8 et 9

Dans le cas des biens fournis par l’environnement, c’est l’absence de droits de propriété qui pose problème.

Doc 10 C’est le cas aussi avec les biens publics mondiaux : pas de droits de propriété, non rivalité, non exclusion, concernant plusieurs pays. L’air que nous respirons, le climat de manière plus général sont des biens publics mondiaux.

Il y a bien défaillance du marché car les libres décisions des agents économiques conduisent à détériorer ou faire disparaître ces biens au détriment du bien-être des générations actuelles (problèmes de santé) et futures (réchauffement climatique).

 Doc 12 Ces biens nécessitent une intervention des pouvoirs publics (réglementation des équipements, quotas, attribuer des droits de propriété) et Doc 11 une action politique concertée au niveau international difficile à obtenir.

 

C. Les asymétries d’information

           1°) Définition

On parle d’asymétrie d’information quand lors d’un échange l’un des participants dispose de plus d’informations que l’autre. Il n’y a donc pas une totale transparence comme le suppose la concurrence pure et parfaite.

L’échange repose sur la confiance, ce qui suppose une bonne information sur les biens achetés et vendus et/ou sur celui avec qui on échange. Le problème c’est que ce n’est pas toujours le cas et que cela peut conduire à une réduction des échanges.

On distingue alors deux cas d’asymétrie d’information

  • lorsque l’un des partenaires de l’échange dispose de moins d’information que l’autre sur ce qui est échangé : on parle d’antisélection ou de sélection adverse
  • lorsqu’un des partenaires n’a pas une connaissance parfaite du comportement de l’autre, il est dans l’incertitude sur le comportement futur de l’autre : on parle d’aléa moral.

 

            2°) La sélection adverse

Les participants à l’échange ne disposent pas des mêmes informations sur ce qui est échangé, soit les offreurs ont plus d’information que les demandeurs, soit ce sont les demandeurs qui ont plus d’informations que les offreurs.

  • Pour les voitures d’occasion, certaines informations sur la qualité des voitures en vente ne sont connues que du vendeur. C’est l’offreur qui a plus d’information que le demandeur.
  • Dans d'autres cas, les informations ne sont connues que de l'acheteur. Ainsi, l'acheteur d'un crédit ou d'une assurance a sur sa situation financière ou sur sa situation de santé des informations qu'il ne va pas forcément communiquer au banquier ou à l'assureur. Le vendeur prend le risque de signer un contrat avec un individu sur lequel il n’a pas toutes les informations nécessaires.

On parle de sélection adverse quand l’asymétrie d’information conduit certains agents, offreurs ou demandeurs, à se retirer du marché.

Exercice Dans un célèbre article de 1970, l'économiste George AKERLOF a utilisé l'exemple des voitures d'occasion afin d'étudier les conséquences de l'asymétrie d'information entre acheteurs et vendeurs sur les échanges.

Dans le cas du marché des voitures d’occasion, l’acheteur ne dispose pas de toutes les informations pour juger de la qualité réelle du véhicule, l’acheteur risque d’acheter une voiture de mauvaise qualité et donc il cherche à acheter au prix le plus bas. Le problème, c’est que pour un prix bas, les vendeurs de bons véhiculent ne souhaiteront pas vendre, ils se retirent du marché, donc sur le marché il y aura moins de véhicules offerts et on y trouvera surtout des mauvaises voitures. Et donc les demandeurs eux-mêmes n’ont plus intérêt à rester sur ce marché. Donc le marché s’effondre.

Pour limiter ce phénomène de sélection adverse qui empêche le développement de certains marchés, il faut mettre en place des procédures qui rendent l’échange plus transparent, qui informent offreurs et demandeurs.

Doc 13 C’est le rôle des labels et des systèmes de notation qui vont garantir une certaine qualité du produit ou du service.

L’Etat joue alors un rôle important en :

  • Obligeant les agents à améliorer l’information concernant les produits : il peut imposer un label, imposer un contrôle technique dans le cas des voitures.
  • Obligeant les individus à prendre une assurance : assurance voiture.

 

               3°) L’aléa moral

Doc 14 L’aléa moral est une asymétrie d’information apparaissant notamment dans le cadre d’un contrat signé entre deux individus. L’un des signataires du contrat peut avoir des doutes, des incertitudes sur le comportement futur de l’autre une fois le contrat signé.

Exemples :

  • L’employeur face à l’aléa moral Une fois embauché, une fois la période d’essai terminée, la personne embauchée peut modifier son comportement : être moins motivée et tirer au flanc.  L’employeur cherche à limiter cet aléa moral en multipliant les entretiens avant l’embauche, avec la période d’essai, en proposant d’abord un CDD, avec un salaire plus élevé donc plus motivant.
  • Assurance et aléa moral  Doc 15 Le fait d’être assuré peut conduire l’individu à être moins prudent puisqu’il sait qu’il sera indemnisé. Pour limiter ce phénomène, dans l’exemple de l’assurance automobile, les compagnies d’assurance ont mis en place un système de bonus/malus.