Séances 8 et 9 Première générale

Fin du chapitre 7 (document vidéo)

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Le cours - Fin du chapitre 7 - Semaines du 18 et 25 mai

II La prise en charge des risques économiques et sociaux

  1. L’attitude des individus face aux risques

1°) Les risques : définition et exemples

Le risque peut être défini comme la possibilité qu’un événement dommageable, un événement indésirable, un danger se produise. On oppose souvent le risque à l’incertitude, avec l’idée que le risque est calculable, la probabilité qu’il se produise peut être calculée.

On peut donc mettre en œuvre une gestion des risques (recensement des risques et mise en place de mesures préventives appropriées en vue de supprimer ou d'atténuer les conséquences du risque).

Il y a les risques économiques et sociaux

Chaque individu peut être menacé au cours de sa vie par des événements susceptibles de supprimer son revenu d’activité ou de réduire son niveau de vie. Ces événements qualifiés de risques sociaux peuvent donc :

         - soit empêcher l’individu d’exercer son activité professionnelle : chômage (risque économique), accidents du travail, maladie, vieillesse (risques physiques).

         - soit  réduire son niveau de vie même si l’individu conserve son activité professionnelle : dépenses médicales, charges familiales.

Il existe d’autres types de risques 

  • Les risques naturels : catastrophes naturelles (avalanche, tempête, inondation…)
  • Les risques professionnels : maladie et/ou accident liés à l’exercice d’une profession.
  • Les risques technologiques : les risques technologiques sont liés à l’action humaine et plus précisément à la manipulation, au transport ou au stockage de substances dangereuses pour la santé et l’environnement (ex : explosion sur un site chimique, accident nucléaire, pollution des sols…)
  • Le risque financier lorsque l’on réalise un placement

 

        2°) L’attitude face aux risques est variable

La perception des risques est différente selon le type de risque, ils sont plus ou moins acceptés et parfois sans lien avec leur dangerosité réelle :

  • Les risques volontaires sont davantage acceptés alors qu’ils peuvent être plus dangereux : consommation de tabac ou d’alcool, excès de vitesse. Pour les risques involontaires, les exigences de sécurité sont plus importantes, par exemple lorsque l’on prend l’avion.
  • On s’habitue aux risques anciens et on craint les risques nouveaux. Avec le temps on s’habitue à un risque, on fait avec, on domestique le risque : habitants des pentes du Vésuve.

 

La perception des risques est variable :

Selon les groupes sociaux

  • Doc 1 les individus des milieux aisés sont moins soumis aux risques économiques et sociaux et ils ont davantage confiance dans les institutions qui couvrent les risques.
  • La perception dépend aussi des valeurs : le « faible » risque d’accident nucléaire sera jugé inacceptable pour les écologistes.
  • Doc 2 Les risques professionnels peuvent être perçus différemment par les immigrés.

 

Selon les individus

  • Certains individus acceptent de prendre davantage de risques par exemple dans leur profession, le risque peut faire partie de l’identité professionnelle, il est même souhaité (le baptême du feu) : pompiers, militaires
  • D’autres individus s’exposent volontairement au risque pour avoir le sentiment d’exister, de maîtriser leur vie : les adolescents ; les sportifs de l’extrême.
  • Doc 4 et 5Les conduites à risque sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

 

Selon les époques et les sociétés.

  • Une brève mise en perspective historique de l’évolution des risques montre que
    • jusqu’au milieu du 20ème siècle, la protection des individus se concentrait avant tout sur les risques professionnels (loi de 1898) car la vie s’organisait autour du travail.
    • Après la seconde guerre mondiale, la prise en charge des risques économiques et sociaux se développe : le sentiment de sécurité grandit.
    • Doc 3 A partir des années 1980, les individus se sont trouvés exposés à de nouveaux risques et de nouvelles inquiétudes : le terrorisme, l’apparition de nouvelles maladies comme le sida, la crainte du déclassement et de la paupérisation, les préoccupations liées au réchauffement climatique… le sentiment d’insécurité grandit et le risque semble omniprésent.
  • En France l’importance du principe de précaution semble indiquer une forte aversion (vive répulsion) aux risques.

 

  1. La gestion collective des risques

       1°) Trois manières de gérer le risque

Pour faire face au risque, on peut :

  • Appliquer un principe de prévention. Par l’information et la réglementation l’Etat peut sensibiliser les individus sur les moyens de limiter le risque. Exemples Doc 9, 10, 11, 8
    • Campagne de communication pour le vaccin contre la grippe ; vaccins obligatoires pour les enfants.
    • Campagne pour l’activité physique
    • Loi risque pour les risques technologiques
    • Les entreprises sont tenues de prendre des mesures pour prévenir les risques professionnels ; les employeurs doivent prendre les dispositions nécessaires pour améliorer les conditions de travail et préserver la santé.

 

  • Pratiquer une diversification des risques. Il s’agit ici d’une stratégie individuelle pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Exemples :
    • l’épargnant choisira plusieurs types de placement ;
    • l’entreprise adoptera une stratégie de diversification, elle investira dans de nouvelles activités pour que son chiffre d’affaires et son bénéfice ne dépendent pas que d’un seul produit. (Créé en 1952 par Francis Bouygues, Bouygues est un groupe diversifié dont les métiers s’organisent autour de trois activités : la Construction avec Bouygues Construction (BTP et Énergies & Services), Bouygues Immobilier et Colas (Routes), les Télécoms avec Bouygues Telecom et les Médias avec TF1.)
    • la diversification des cultures agricoles

 

  • Mettre en place une mutualisation des risques. Doc 7 Elle est basée sur la loi du grand nombre : on fait porter le risque sur le plus grand nombre de personnes possibles et comme les sinistres n’arrivent qu’à quelques-uns ils peuvent être indemnisés grâce aux cotisations de tous. C’est le principe de l’assurance : assurance voiture ou habitation ; assurance maladie

 

            2°) Les trois institutions contribuant à la gestion des risques

Pour faire face au risque, pour se couvrir face au risque, l’individu peut compter sur :

  • La famille : autrefois elle était la seule à jouer ce rôle. Doc 12 et 13
  • Les entreprises et les mutuelles d’assurance. L’assurance apparaît d’abord pour le commerce maritime (on assure la cargaison de bateaux) au XIII et XIVème siècles. En France les premières compagnies d’assurance contre l’incendie apparaissent à la fin du XVIIIème siècle.
  • Les pouvoirs publics : intervention nécessaire pour assurer, couvrir tous les individus, c’est le principe de solidarité collective lié à l’Etat-providence. Création de la Sécurité sociale en 1945 ; création de la CMU en 1999.

 

3°) La solidarité collective : le rôle de l’Etat-providence

Pourquoi une prise en charge collective par l’Etat ?

La prise en charge collective des risques sociaux par l’Etat est nécessaire car

  • Sans elle tous les individus ne seraient pas assurés. Par exemple en matière de santé, on retrouve le problème de sélection adverse qui justifie l’intervention de l’Etat. Une compagnie d’assurance va se trouver confronter au problème de sélection adverse. Les individus qui savent qu’ils courent des risques pour leur santé (antécédents familiaux, mode de vie) vont vouloir s’assurer et les individus qui pensent courir peu de risques ne le feront pas. Donc la compagnie n’assurerait que des individus à risques élevés, ce qui ne serait pas rentable. Donc la compagnie demandera au préalable un examen médical et sera tentée de n’assurer que les personnes en bonne santé. Donc pour couvrir tous les individus en matière de santé, il faut que l’assurance devienne obligatoire, c’est le principe de la sécurité sociale.
  • Doc 14 Une meilleure protection sociale a des effets positifs pour les individus et pour la société

 

Assurance / assistance  Doc 6

Pour aider les individus à faire face à ces risques sociaux, l’Etat peut mettre en place :

  • Un dispositif d’assurance sociale : les individus sont obligés de  payer des cotisations sur les revenus de leur travail et parce qu’ils ont cotisé ils pourront percevoir des prestations sociales (pension de retraite, remboursement des dépenses de santé…) lorsqu’ils ont à subir un des risques sociaux.
  • Et/ou un système d’assistance : le versement des prestations n’est pas conditionné au fait d’avoir cotisé mais au fait d’être dans une situation qui nécessite d’être aidé, de pauvreté notamment et dans le cas de l’assistance, c’est la collectivité qui par l’impôt prend en charge cette aide apportée aux plus défavorisés, aux exclus.

 

                       4°) Les effets d’une prise en charge collective des risques

Des effets positifs (pourquoi mettre en place une prise en charge collective des risques ?)

Si certains individus sont prêts à prendre des risques, globalement les individus ont de l’aversion pour les risques, ils sont averses aux risques (opposés à, ils n’aiment pas). C’est le cas par exemple pour les placements financiers : voir le succès du livret A par rapport aux placements en Bourse.

Donc si l’on met en place un système collectif pour couvrir les risques, l’individu est rassuré, il a davantage confiance dans l’avenir, ce qui permet d’augmenter le bien-être et de favoriser la cohésion sociale.

Doc 15 La prise en charge des risques économiques et sociaux permet une réduction de la pauvreté, d’avoir une population mieux soignée et donc plus productive (capital humain).

S’il y a une couverture des risques, l’entreprise sera incitée à davantage innover, ce qui favorise le progrès technique donc la croissance, donc la hausse du niveau de vie et du bien-être.

  • Doc 16 Risque lors d’un investissement à l’étranger
  • Doc 17 Une grande entreprise est plus à même d’innover car elle a les moyens de multiplier les projets de recherche et ainsi diversifier les risques.

 

Et des effets  négatifs (pervers)

La couverture des risques peut modifier de manière négative les comportements car elle peut conduire à une déresponsabilisation.

  • Le conducteur assuré risque d’être moins prudent
  • Doc 18 Le patient qui est remboursé achètera trop de médicaments et multipliera les actes médicaux.
  • Une Banque prendra peut être trop de risques si elle sait que toute façon la Banque centrale et l’Etat interviendront pour la soutenir financièrement. « trop gros pour faire faillite » (too big to fail) : Une grande banque sait que sa faillite aura des répercussions négatives importantes pour tous les acteurs économiques et donc elle sait que l’Etat l’aidera en cas de difficultés, ce qui peut la conduire à être moins prudente, à prendre plus de risques.

Dans ces trois cas, on retrouve le phénomène d’aléa moral !

L’assistance peut aussi avoir des effets pervers : désincitation au travail ; stigmatisation.