Ô rage ! ô désespoir ! ô dilemme ennemi !
N’ai-je donc vécu que pour cette comédie ?
Et ne suis-je blanchi dans la recherche du bonheur
Que pour voir en un jour que ma quête est un leurre ?
Mes choix, qui mettent en balance le pour et le contre,
Mes choix, pesés au trébuchet et à la montre
Pour me satisfaire au bout de chaque arbitrage,
Ne semblent-ils pas futiles au bout de mon âge ?
Ô cruelle et illusoire rationalité !
Cette course est vaine, quel manque d'opportunité !
Je vois mieux aujourd'hui l'issue de ce jeu-là !
Je renonce à Charybde pour tomber sur Scylla !
Cette tragicomédie vire au casse-tête,
Quelle médication pour guérir mes maux de tête ?
Toi, en lisant ces vers, entends ma complainte,
Mon drame est le tien, mon empathie n'est pas feinte.
Tu pousses ton avantage à en perdre l'absolu,
Tu accumules sans cesse au-delà du surplus,
De cet artifice tu te fais un piédestal,
Mais tu envies ceux de la foule sentimentale.
Tu te rêvais grand homo œconomicus,
A l'heure des comptes, tu ne vois plus que le minus,
Va, quitte dès aujourd'hui ce mauvais chemin,
Passe, pour te sauver, à un autre demain.